mercredi 11 février 2009

SAPA

La nous sommes de retour a Hanoi, apres 4 jours de treck (enfin treck... pour les vietnamiens c'est un treck, pour nous c'etait plus une balade!).

Arrives a Sapa dans le Tonkin le 9 au matin, apres 10h de train couchette (nous partagions la cabine avec deux hollandaises bien sympas, je leur ai fait le coup de la recitation du cartable paresseux (hum hum), elles se sont bien foutues de moi lol), nous aterrissons dans un hotel ou l'on nous propose alors douche et breakfast pour bien commencer la journee. Une fois les cheveux laves et les noodles avalees (de la soupe avec des noodle mmmm le meilleur petit dej ici!), nous partons avec nos sacs a dos a la decouverte de la region. Nous posons a peine le pied en dehors de l'hotel qu'une petite trentaine de petites femmes aux habits colores, portant toutes un gros panier en bambous sur le dos viennent a notre rencontre et nous demandent a chacun avec un grand sourire (et en anglais s'il vous plait!) quel age nous avons, comment nous nous appelons, si nous avons des freres et des soeurs, ...

Au debut on est plutot seduit par la proximite et la rencontre avec ces minorites ethniques (les H'mong). Nous prenons de belles photos, elles nous accompagnent dans la marche et les paysages sont splendides (rizieres en escalier a perte de vue, roche orange, cours d'eau), mais une fois arrives au village ou nous nous arretons pour le lunch, trente mains se tendent vers chacun de nous, nous suppliant de leur donner quelques Dongs en echange d'une paire de boucle d'oreille ou d'un morceau de tissu bariole de couleurs.
Je leur achete finalement deux paires de boucle, plus forcee qu'autre chose, bien qu'elles soient jolies! Du coup on est un peu decu de l'attitude des femmes, meme s'il est certain que le tourisme les fait vivre en partie. On avait par ailleurs vraiment la sensation malsaine de traverser un zoo et de braquer tous ensemble (le village etait blinde, mais alors BLINDE de touristes) nos centaines d'appareil photos sur les memes tetes, comme on le fait lorsqu'on croise une girafe ou un lion dans un safari.

Apres le repas nous traversons d'autres villages, decouvrons une petite ecole d'altitude, croisons des animaux en tout genre (buffles, cochons, coqs) qui gambadent librement de villages en villages) et terminons notre petite excursion a Ta Varn ou nous passerons la nuit. Nous retrouvons alors par hasard le couple de french que nous avions rencontre a Cat Ba et passons plusieurs heures a discuter avec eux, autour d'une biere bien fraiche.

Le soir nous mangeons avec le rester du groupe (tous anglophones et tous plus ages que nous). On est un peu paume dans leurs delires, on ne comprend qu'un mot sur deux et ils ne cherchent pas trop a communiquer avec nous! Finalement dans la soiree, apres quelques happy water (alcool de riz local, que l'on doit avaler cul sec apres avoir crie en choeur "MO TA BAH YO" (phonetique vietnamienne), ce qui n'est autre qu'un deux trois gloup ou ce que vous voulez. Bref le repas se termine en p'tite party, on fait la fete avec les touristes des auberges d'a cote, les gens chantent et dansent dans tous les coins, on recontre plein de gens et on arrive meme a tenir des grosses conversations en anglais (j'ai meme reussi a parler de politique belge, c'etait un exploit lol).
Bref c'etait bien sympa comme petite soiree.



Le lendemain on repart vers 10h, apres s'etre goulument enfile une dizaine de crepes au sucre, au miel et aux bananes. Le soleil tape, et on se mord les doigts de ne pas avoir emporte de creme solaire (et oui, on nous avait prevenu qu'a Sapa la temperature avoisinait les 0 degres, on etait donc servi en pulls, bonnet, gants et echarpe! On aurait jamais imagine qu'on puisse avoir du beau temps voire avoir besoin de creme solaire!). La balade est quelque peu plus hardue que celle de la veille mais on est encore loin du treck que nous imaginions. Neanmoins, sous le soleil, Sapa ne manque pas de charme. Les enfants, quand ils ne vont pas a l'ecole (comme c'est le cas de la plupart des enfants H'mong: des cours sont dispenses en vietnamiens dans les ecoles, mais les H'mong ne parlent pas vietnamiens, seulement un dialecte qui leur est propre. Aussi les enfants n'y vont plus car ils ne comprennent pas ce que les enseignants leur racontent...), dorment ou ne font rien. On les voit le bord des routes, assis ou cueillant des herbes, jouant parfois, se tenant par la main, sans culottes et les cheveux sales. On se demande ce qu'ils font le reste du temps.

Apres plusieurs heures de marche, nous faisons halte dans une echoppe pour manger. Nous quittons alors (Dorian, la guide et moi) le reste du groupe pour rejoindre le village ou nous passerons la seconde nuit. L'apres midi est vraiment sympa, la guide nous apprend plein de trucs sur la faune et la flore du Tonkin, on lui raconte la France, on s'essaie a quelques mots de vietnamiens.
On arrive alors vers 16h/17h dans un petit village perdu au fin fond de la vallee : Ben Hao. Nous croison tres peu de touristes, et tout de suite l'ambiance nous parait beaucoup plus authentique. La pension qui nous loge est une grande maison entierement construite en bambou. Grand parents, enfants et petits enfants y vivent en famille. Vers 18h, apres avoir joue avec deux enfants du village (trop chous!), nous prenons le repas, assis sur des minis tabourets, en compagnie de nos hotes. La nourriture est delicieuse et tres variee (il faut cependant macher lentement la bouillie de viande de porc, car les os sont mixes avec!), on mange jusqu'a plus faim!
Nous finissons la soiree a discuter avec notre guide. Pendant un moment de silence, elle nous demande pourquoi il y a des taches grises sur la lune. Do lui explique que ce sont les crateres qui expliquent ces taches. Elle est super etonnee, elle ne sait pas comment c'est sur la lune, elle n'a jamais ni lu ni vu quoi que ce soit sur le sujet. Quand on lui dit que l'homme a deja pose son pied sur la lune, elle n'en croit pas ses yeux (My God! qu'elle repete tout le temps). Du coup on part dans une grande discussion sur l'astronomie, Dorian lui improvise un cours a base de dessin et on se rend compte qu'elle ne sait vraiment rien sur ce sujet. Elle pose plein de questions, on lui parle des volcans dont elle ne soupconne pas non plus l'existence, de la tectonique des plaques (en vite fait, avec nos mots! En anglais c'est pas facile lol). "I've never heard that before".

C'est une H'mong, et nous realisons alors que cette population montagnarde est vraiment coupee du monde. C'est tout de meme contradictoire lorsqu'on possede un telephone portable, un compte sur facebook et qu'on maitrise extrement bien l'anglais "touristique".

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